Enfant De L’Île
(Steven Saint-Urbain)
Montréal, mon île, mes rues sont des rivières fermées
Je marche sur des ponts que je n’ose jamais traverser
Les toits me parlent comme des visages que je connais trop bien
Et chaque quai me rappelle que je ne peux pas partir loin
Les gratte-ciel se penchent comme pour me retenir
Le fleuve m’offre un passage que je n’ose prendre
J’ai envie de marcher dans des villes que je n’ai jamais vues
De laisser derrière moi le bruit familier de mes saisons
Je suis un enfant de l’île, mais je rêve d’horizons
Chaque souffle de vent m’appelle vers autre chose
Montréal me retient, douce et cruelle
Et je veux grandir, même si ça signifie partir
Les marchés et les cafés me chantent des histoires anciennes
Les arbres des parcs me murmurent des secrets que je n’ai jamais compris
Et moi, je cherche un ailleurs dans les mêmes avenues
Comme si mon cœur pouvait apprendre à se perdre ailleurs
Je suis un enfant de l’île, mais je rêve d’horizons
Chaque souffle de vent m’appelle vers autre chose
Montréal me retient, douce et cruelle
Et je veux grandir, même si ça signifie partir
Peut-être que je reviendrai
Avec des poches pleines de souvenirs et de poussière
Peut-être que je partirai encore
Et l’île restera, tranquille et indifférente,
Témoin silencieux de mes envies d’ailleurs
Je suis un enfant de l’île, mais je rêve d’horizons
Chaque souffle de vent m’appelle vers autre chose
Montréal me retient, douce et cruelle
Et je veux grandir, même si ça signifie partir